Mon âme animale

Comprendre les forces qui nous habitent.

« L’âme animale est appelée à être raffinée et transformée. »

— Dans l’approche du Tanya, Likoutei Amarim

Mes instincts et mes désirs ne sont pas seulement des obstacles : ils peuvent devenir une force au service du bien.

Dans notre monde intérieur, nous faisons souvent l’expérience de mouvements contradictoires. Une part de nous aspire à ce qui est juste, profond et porteur de sens. Une autre peut nous entraîner vers l’immédiateté, la recherche de plaisir, la peur, la colère, l’ego ou la défense de nos propres intérêts.

La tradition hassidique distingue notamment l’âme divine (Nefesh Elokit) et l’âme animale ou naturelle (Nefesh HaBahamit). Cette distinction permet de poser un regard lucide et bienveillant sur les différentes forces qui peuvent se manifester en nous.

Dans le Tanya, l’âme animale est liée à notre vitalité naturelle et à notre rapport au monde matériel. Elle porte des forces, des désirs et des tendances qui participent à notre existence humaine.

Elle n’est donc pas simplement une « mauvaise partie » de nous-mêmes qu’il faudrait supprimer.

Elle possède une énergie qui peut être orientée.

UNE FORCE QUI FAIT PARTIE DE NOUS

L’âme animale est liée à notre existence corporelle et à notre manière d’habiter le monde.

Elle cherche naturellement ce qui lui paraît bénéfique, agréable ou sécurisant, et peut chercher à se protéger de ce qui lui semble menaçant.

Dans notre vie quotidienne, cette dimension peut notamment se manifester à travers :

  • le désir et la recherche de plaisir ;
  • la peur et le besoin de sécurité ;
  • la colère face à ce qui nous contrarie ou nous menace ;
  • la jalousie et la comparaison ;
  • l’attachement et le besoin de retenir ;
  • le besoin de reconnaissance ou d’affirmation.

Ces mouvements peuvent être puissants.

Mais ils ne définissent pas toute notre identité.

Ressentir une émotion ne signifie pas que nous sommes cette émotion.

Un mouvement intérieur peut apparaître sans devenir automatiquement une décision.

ENTRE L’IMPULSION ET LE CHOIX

Une impulsion peut surgir avant même que nous ayons eu le temps d’y réfléchir :

  • Une parole nous blesse → la colère apparaît.
  • Une situation nous inquiète → la peur s’installe.
  • Une remarque nous critique → le besoin de se défendre se réveille.

Le mouvement est là.

Mais notre manière d’y répondre peut encore être choisie.

Entre l’impulsion et l’action peut apparaître un espace de conscience.

C’est dans cet espace que nous pouvons commencer à observer ce qui se passe en nous, à réfléchir et à décider de la direction que nous voulons donner à notre énergie.

Je peux ressentir sans être obligé d’obéir.

Je peux reconnaître une impulsion sans la laisser décider à ma place.

L’ÂME ANIMALE N’EST PAS L’ENNEMIE

Le travail intérieur ne consiste pas simplement à combattre ou à rejeter cette dimension de nous-mêmes.

Il consiste à la reconnaître, la comprendre et l’orienter.