Le côté lumineux et le côté obscur
Comprendre les différentes forces qui peuvent se manifester en nous.
Nous faisons tous l’expérience de mouvements intérieurs qui semblent parfois opposés.
Une part de nous aspire à grandir, à aimer, à donner, à comprendre et à agir avec conscience. Une autre peut nous entraîner vers la peur, la colère, l’ego, l’impulsivité ou des réactions qui ne correspondent pas à ce que nous souhaitons profondément exprimer.
Ces mouvements peuvent coexister en nous.
Les reconnaître ne signifie pas nous juger. Cela nous permet de mieux comprendre ce qui nous traverse, ce qui nous pousse à agir et, peu à peu, de retrouver notre capacité de choisir.
Deux mouvements intérieurs
Le côté lumineux
Il se manifeste lorsque nous nous tournons vers ce qui élève notre conscience : la vérité, la bonté, la générosité, la responsabilité, la maîtrise de soi, la justesse et la recherche de sens.
Le côté obscur
Il apparaît lorsque nous sommes davantage gouvernés par nos réactions immédiates : la peur, la colère, la jalousie, l’orgueil, l’égoïsme, l’impulsivité ou le besoin de tout contrôler.
Mais il est essentiel de ne pas réduire l’être humain à cette opposition.
Nous ne sommes ni uniquement notre lumière, ni uniquement nos parts d’ombre.
Nous sommes un être en mouvement, traversé par différentes forces, avec la possibilité de les observer, de les comprendre et de choisir progressivement la direction que nous souhaitons leur donner.
L’ombre n’est pas à détruire
Porter un regard conscient sur ce qui nous dérange en nous ne signifie pas nous condamner.
Une difficulté intérieure peut parfois révéler quelque chose qui demande à être compris :
- Une colère peut signaler une limite qui demande à être reconnue.
- Une jalousie peut révéler une insécurité ou un manque à regarder.
- Un besoin de contrôle peut cacher une peur ou une difficulté à faire confiance.
- Une impulsivité peut révéler la difficulté à créer un espace entre ce que je ressens et ce que je fais.
Ce qui apparaît comme une faiblesse peut ainsi devenir une porte vers une meilleure compréhension de soi.
La question n’est donc pas seulement :
« Comment supprimer cette part de moi ? »
Mais plutôt :
« Que cherche-t-elle à me montrer ? »
Quand l’ombre prend le contrôle
| Mouvement intérieur | Réaction automatique | Possibilité de conscience |
|---|---|---|
| La peur | Je me protège ou je fuis | Je cherche ce qui me fait réellement peur |
| La colère | J’attaque ou je me ferme | Je cherche ce qui a été touché en moi |
| La jalousie | Je compare ou je contrôle | Je reconnais ce qu’elle vient révéler |
| L’orgueil | Je refuse de reconnaître mes erreurs | J’accepte de remettre en question mon regard |
| Le besoin de contrôle | Je veux tout maîtriser | J’apprends à distinguer ce qui dépend de moi |
La conscience ne fait pas nécessairement disparaître ces mouvements.
Elle permet surtout de ne plus leur laisser automatiquement le dernier mot.
Entre lumière et ombre : le choix de la direction
La lumière n’est pas l’absence de difficultés.
Elle n’est pas non plus une perfection que nous devrions atteindre.
Elle peut être comprise comme la capacité à revenir vers davantage de vérité, de responsabilité et de justesse, même après un écart.
| Lorsque je suis entraîné par… | Je peux chercher à revenir vers… |
|---|---|
| La peur | La confiance |
| La colère | La compréhension |
| La comparaison | La reconnaissance de ma propre valeur |
| Le contrôle | Le discernement |
| L’impulsivité | La conscience |
| Le jugement | La nuance |
Il ne s’agit pas de nier l’ombre pour paraître irréprochable.
Il s’agit de la regarder suffisamment pour qu’elle ne dirige plus notre vie à notre insu.
La lumière peut éclairer l’ombre
Le véritable travail intérieur demande de pouvoir observer ce qui nous dérange en nous : sans honte, sans condamnation et sans chercher immédiatement à le supprimer.
Ce que nous sommes capables de regarder avec conscience peut progressivement perdre son pouvoir automatique sur nous.
Nous pouvons avoir de la lumière et des contradictions, de la générosité et de l’égoïsme, du courage et de la peur.
Cette coexistence ne signifie pas que nous sommes incohérents.
Elle nous rappelle simplement que nous sommes en chemin.
La conscience consiste à reconnaître cette complexité sans perdre de vue le cap que nous choisissons.
Une autre manière de se regarder
Nous ne sommes pas obligés de nous enfermer dans :
« Je suis une bonne personne. »
ou
« Je suis une mauvaise personne. »
L’être humain est plus complexe que ces deux étiquettes.
- Nous pouvons reconnaître nos contradictions sans nous réduire à elles.
- Nous pouvons observer nos mouvements intérieurs sans leur donner automatiquement le pouvoir de décider pour nous.
- Nous pouvons apprendre à comprendre ce qui se joue en nous avant de réagir.
- Nous pouvons, à chaque étape, revenir vers ce qui correspond davantage à nos valeurs et à ce que nous souhaitons profondément exprimer.
Ma part d’ombre ne définit pas qui je suis.
Elle peut devenir un endroit où ma conscience apprend à grandir.
M’écouter, c’est me comprendre.
Me comprendre, c’est pouvoir choisir quelle direction je donne à ce qui vit en moi.
